Ré.alisatrice.siliente

Enchantée, je m’appelle A-m-a-n-d-i-n-e.

S’il manque plus haut une lettre à mon prénom, c’est de base (je vous l’accorde) pûrement esthétique. Néanmoins, les années passant, je me rends compte qu’il y a un sens à ce que je considérais seulement comme un petit point.

Amandine est un prénom français très banal, son origine latine « Amandus » signifie Aimable.

– Quelle pression.

J’ai toujours fait un rapprochement entre mon prénom et le fruit de l’amandier et pour cause, on m’a toujours expliqué que « j’avais les yeux en amande ».
Je suis née en 1996, au Vietnam. De ce que je sais, ma mère biologique m’a confiée lorsque j’étais bébé à un orphelinat dans la ville de Long Xuyen, un établissement recueillant enfants et vieillards.
À seulement six jours, j’ai été adoptée par un couple marié franc-comtois. Cette partie de moi, par exemple mon visage aux pommettes saillantes, ma couleur de peau café au lait, mes cheveux extra fins…jusqu’au sang qui coule dans mes veines (entre autre tout ce qui me compose biologiquement) m’est inconnue.

Aujourd’hui, scénariste diplômée d’une école de cinéma, je suis à vingt-quatre ans la réalisatrice de L’Oeil des Cigognes, une série documentaire sur l’adoption. À défaut d’ignorer mon histoire, j’ai voulu aller à la rencontres de parcours similaires au mien, pour apprendre, peut-être même comprendre…

Lorsque je me présente, j’ai vraiment du mal à utiliser les titres informels du milieu du cinéma car j’aime me considérer comme un couteau-suisse, une femme multi-casquette. Mais malgré cela, j’ai souvent du mal à me sentir légitime et fière de moi, comme pas mal de femmes de mon âge finalement (de mon entourage en tout cas).

! Attention le paragraphe qui va suivre contient le récit d’évènements pouvant heurter la sensibilité d’un.e jeune lect.eur.rice ou personne ayant subie des violences. !

À une certaine période de ma vie, j’ai subi des agressions sexuelles, des v-i-o-l-s.
C’est un mot qui fait peur, un « VIOL ».
Pourtant c’est un traumatisme qu’énormément de femmes connaissent au cours de leur vie. (NB : Même si je ne les inclus pas, les hommes et les autres personnes non genrées peuvent se sentir concerné.e.s même si ici je parlerai de moi en tant que femmes cisgenre).

Après un an de déni total, un suivi psychologique laborieux, et plusieurs relations amoureuses instables voire pour certaines, toxiques, j’ai décidé de fabriquer du beau avec ces saletés qui tournait en boucle dans ma tête tel un disque rayé.

C’est alors que plusieurs projets sont nés : @dixpetitsdetails, un compte Instagram qui a permis à des personnes de s’exprimer sur les concepts de féminité et de confiance en soi. Ce sont des interviews bienveillantes et constructives qui m’ont beaucoup aidées.

Ensuite, j’ai réalisé Intérieur.e, un documentaire qui donne la parole au corps des femmes. Éducation fragilisante, insécurité dans l’espace public, harcèlements et violences : les sujets abordés révèlent sous forme d’interviews intimistes ce que le corps des femmes peut subir.

Enfin, après d’innombrables questionnements sur la vie, les choix relationnels, je peux le dire, je retrouve enfin goût à la vie.

Le dernier projet sur lequel je suis bénévole est le podcast audio Restez dans le flow, disponible sur Apple Podcast, Spotify et à peu près toutes les plateformes dédiées à cela. Son travail est tout simplement un véritable temple (si j’ose dire) dédié à la résilience.
Sa créatrice, Florence DELL’AIERA m’a chaleureusement accueillie dans son équipe et nous avons très hâte de vous partager la prochaine Newsletter et les épisodes à venir.

Et c’est avec mon dernier projet que je mettrai fin à ce long et sinueux récit. La raison de l’appellation de ce site « D’ailleurs en parlant du loup ».

@a.lleurs est mon nouveau compte Instagram dédié à la photographie, dans des ambiances que je tente de rendre cinématographiques. Depuis sa création je ne cesse d’être boostée et inspirée.

Je m’appelle Amand.ne, avec un point, parce que chez moi il y aura toujours un petit quelque chose de grignoté. Heureusement, avec des miettes, on peut faire des pépites.

Aujourd’hui, mon rêve ultime est de pouvoir mettre en image des histoires à travers le documentaire et la fiction. Je ne veux pas me faire des films, je veux les réaliser.