Présentation


Amandine Clément

Ré.alisatrice.siliente

Portrait par Claire Boulmier

Enchantée, je m’appelle Amandine.

J’utilise le mot « Ailleurs » pour présenter mes projet. – Et pourquoi me diriez-vous ? Disons déjà que c’est un peu comme mon studio de production personnel.

Trêve de plaisanteries, Ailleurs, c’est surtout un mot qui me colle à la peau.

Je suis née au Vietnam, dans la petite commune de Long Xuyen.
De ce que je sais, ma mère biologique m’a confiée dans un orphelinat car elle était trop jeune et… trop pauvre.
C’est sûrement la même réplique qu’on sort à tous les orphelins quand on ignore la vérité. Pour l’instant, ça me va.
À seulement six jours, j’ai été adoptée par un jeune couple qui ne parvenait pas à avoir d’enfant. 
J’ai un passeport français mais mon miroir me rappelle chaque jour que je viens d’ailleurs.

Aujourd’hui, scénariste diplômée d’une école de cinéma, je suis à vingt-cinq ans la réalisatrice de L’Oeil des Cigognes, une série documentaire sur l’adoption.
Plutôt que d’ignorer mon histoire, j’ai voulu aller à la rencontre de personnes aux parcours similaires, pour apprendre, peut-être même comprendre… 

Lorsque je me présente, j’ai vraiment du mal à choisir un seul titre.
Ça n’est pas une question d’haute estime de soi et de prétention mais à vrai dire, je ne sais pas encore ce que je préfère faire, alors je m’essaye un peu à tout.

(Paragraphe sensible à venir)

Il y a quelques années, lorsque j’étais encore étudiante, j’ai subi des violences sexuelles. Et même si ces cicatrices m’ont marquées à jamais, j’ai aujourd’hui réussi à sublimer ces événements en m’engageant à ma manière auprès de celles et ceux qui milite aussi pour un monde plus juste.

Mon premier projet @dixpetitsdetails (2019), qui de base était un compte Instagram pour parler de féminité est devenu « La Féminité selon » : une galerie d’interviews bienveillante de jeunes femmes/hommes qui se questionnent sur ce mot. Bilan unanime, nous trouvons que ce concept ne veut plus rien dire aujourd’hui. Et c’est plutôt positif !

Intérieur.e (2020), mon deuxième documentaire, donne la parole au corps des femmes.
Plusieurs thématiques y sont abordées : une éducation fragilisante sur la construction d’un enfant, l’insécurité pesante que subissent les femmes dans l’espace public, le harcèlement et la violence psychologique et physique.

Du mâle à dire (en cours d’écriture), ma dernière série documentaire veut donner cette-fois ci la parole aux hommes.
Un vrai exercice d’introspection qui débute sur l’enfant qu’ils ont été, l’adolescent et l’adulte qu’ils sont devenus dans notre société patriarcale.

Enfin, depuis janvier 2021, je rejoins l’équipe du podcast Restez dans le Flow (Podcast qui veut dédiaboliser les traumatismes) et cette année, tous mes projets sont repensés et retravaillés en version audio dans le petit nouveau du groupe « Un Flow d’Ailleurs« .

En fait, ce que j’aime avant tout, c’est donner la parole aux autres sur des sujets sensibles, ces sujets qui font de nous des êtres versatiles et pleins de hargne.

Amandine Clément.